Le gaspillage alimentaire est un enjeu mondial qui intervient à toutes les étapes de la chaîne d’alimentation. Si les causes majeures du gaspillage trouvent leurs origines dans des systèmes industriels favorisant le profit à l’éthique environnementale et sociale, ne laissant pas de possibilités d’action directe au design, une piste subsiste à travers les comportements des consommateurs. Ces pratiques, ancrées dans les habitudes, sont une source importante de gaspillage alimentaire et restent difficiles à transformer en raison du manque de motivation, du faible désir de changement et des obstacles quotidiens auxquels les consommateurs sont confrontés.
Toutefois, en ciblant ces comportements individuels, le design a un rôle à jouer dans l’accompagnement de cette transformation, en agissant sur les facteurs qui freinent les changements de comportement. Est-il possible pour le design d’influencer les comportements des consommateurs ? Le design, pourrait-il réellement surmonter les résistances au changement, souvent liées à des habitudes profondément enracinées, ou sera-t-il limité à une influence superficielle, incapable d’aller au-delà des premières intentions de transformation ? Comment concevoir des dispositifs qui tiennent compte de la diversité des usagers et de leurs contextes de vie ?
Le défi réside donc dans l’identification des leviers qui peuvent à la fois sensibiliser et inciter à un véritable changement de comportement, tout en prenant en compte les freins existants. Dès lors, dans quelle mesure le design peut-il véritablement accompagner les consommateurs dans cette transformation, sans se heurter à la complexité de leurs habitudes et de leurs résistances individuelles ?

Le design bien qu’impuissant face aux causes majeures du gaspillage alimentaire pourrait-il, malgré tout, tenter d’agir sur ce problème global en influençant les comportements des consommateurs ? Les consommateurs sont d’ores et déjà sensibilisés au gaspillage alimentaire et conscients des conséquences que ce problème implique mais continue de gaspiller en accord avec le phénomène de Green Gap, qui témoigne de la difficulté qu’ont les individus à retranscrire leurs intentions de comportements en action réelles de par la complexité qu’implique le fait de changer des habitudes fortement ancrés entraînant entre autres un manque de motivation et désir de changer le comportements. Questionner cet écart entre attitudes et comportement dans le registre des sciences sociales a ainsi permis d’entrevoir une piste de solutions afin d’influencer les habitudes de consommation des individus découlant de techniques déjà utilisées par le design.
En effet, les pratiques alimentaires des individus sont en partie fortement influencées par le design utilisé dans le cadre du marketing, qui mobilise de nombreuses stratégies issues des sciences sociales afin de comprendre les motivations des consommateurs et à les exploiter pour les inciter à l’achat.
Cependant, si le design peut s’approprier ces stratégies pour encourager des comportements conduisant au gaspillage, il a également le potentiel de les détourner pour inciter les consommateurs à adopter des pratiques plus responsables.

